François Théberge

Friday February 7, 2003

Ayant eu la chance d’assister à la première de la pièce de Philippe Boesmans à la maison de la radio à Paris dans laquelle l’Aulochrome, instrument complètement nouveau et révolutionnaire sur le plan acoustique occupe le devant de la scène, je tiens à exprimer ma complète admiration envers le facteur de cet extraordinaire instrument, François Louis.

Ce nouvel instrument à vent, conçu à partir de l’idée d’obtenir une texture polyphonique complètement contrôlée par l’instrumentiste, est la réalisation du rêve de tous les instrumentistes à vent. François Louis, facteur de talent mondialement reconnu, notamment par son travail sur le saxophone (mécanismes et acoustique) et ses accessoires (becs et ligatures), a réussi à remporter un pari presque insurmontable sur le plan technique de facture instrumentale, celui de rassembler deux instruments en un seul et de donner la possibilité à un seul instrumentiste de contrôler « l’instrument double».

Il faut absolument noter que cet instrument n’est pas un instrument à « effet », mais bien un chef d’œuvre de facture sur le plan justesse, timbre, acoustique, technique et aussi celui de l’esthétique.

Mes impressions à l’issue de ce concert sont très positives, surtout pour le futur de cet instrument. Les possibilités timbrales me semblent encore beaucoup plus étendues que je l’avais imaginé au départ. Le timbre est tout à fait surprenant, surtout si l’on prend comme point de départ celui du saxophone : des échos d’accordéon, d’orgue et d’autres instruments polyphoniques se greffent au timbre du saxophone soprano en stéréo. C’est en réalité très difficile de rendre en paroles la surprenante ambiance crée par ce nouvel instrument. A vous d’aller l’écouter.

Paris, le 6 février 2003